Ingénierie 360° : un colloque scientifique à Sfax pour repenser la formation d’ingénieur

Dans le cadre de l’accompagnement des profondes mutations que connaît le monde dans les domaines de la technologie, de l’économie et du savoir, l’École Nationale d’Ingénieurs de Sfax a accueilli, le samedi 17 janvier 2026, le colloque scientifique « Ingénierie 360° : Référentiels, Réalisation et Maîtrise », en présence du directeur de l’école, le professeur Khaled Elleuch, ainsi que d’un ensemble d’enseignants universitaires chercheurs, et experts nationaux et internationaux.
L’organisation de ce colloque s’inscrit dans un contexte national marqué par l’accélération de l’innovation technologique, l’évolution des exigences du marché de l’emploi et l’élévation des attentes des institutions économiques. Cette dynamique impose au système de formation des ingénieurs de revoir ses approches pédagogiques, de moderniser ses programmes et d’adopter une vision globale plaçant la compétence, la qualité et l’ouverture sur les environnements économique et international au cœur du processus de formation.
Le colloque avait pour objectif d’ouvrir un débat scientifique approfondi sur l’avenir de la formation de l’ingénieur, à partir des contenus du Livre blanc sur le système de formation d’ingénieur. Trois membres de la commission nationale ont pris part à cette rencontre. À cette occasion, la professeure Nahla Bouaziz a présenté une synthèse des travaux de la commission nationale de réflexion stratégique sur la formation en ingénierie, et a exposé le projet de réforme proposé pour le système de formation d’ingénieurs, notamment le livre blanc publié en janvier 2025. Les actions stratégiques pour la réforme du système de la formation d’ingénieurs ainsi que les objectifs spécifiques et actions correspondantes ont été exposées, tout en s’inspirant d’une série de benchmark internationaux.
Le professeur Naceur Ammar a, pour sa part, proposé une vision globale des défis auxquels fait face la formation en ingénierie, soulignant la nécessité d’anticiper les exigences de l’avenir. De son côté, la professeure Dorra Sellami a formulé plusieurs recommandations insistant sur l’importance d’aligner la formation des ingénieurs sur les normes internationales et les exigences de la révolution technologique, en présentant des exemples de référentiels internationaux adoptés, tant au niveau des contenus techniques que des méthodes pédagogiques et des relations avec le milieu professionnel et les référentiels métiers.
Le colloque a également été marqué par la présentation d’expériences alternatives et innovantes en matière de formation d’ingénieur, notamment une expérience française de formation en alternance et une autre expérience de mastere en coconstruction présentée par la professeure Maha Charfeddine. Par ailleurs, la professeure Rahma Khalif a enchaîné par une présentation des outils de l’intelligence artificielle et de leur rôle dans l’accompagnement des enseignants et le développement de méthodes pédagogiques modernes et basées sur l’intelligence artificielle.
Les intervenants ont unanimement souligné que les écoles d’ingénieurs ne sont plus seulement appelées à transmettre des connaissances techniques, mais qu’elles doivent désormais former des ingénieurs polyvalents, capables d’analyse, d’innovation, de travail en équipe et d’adaptation à des environnements professionnels changeants et complexes, tout en maîtrisant les compétences transversales et humaines.
Les travaux du colloque ont porté sur plusieurs axes stratégiques, notamment l’ouverture internationale et son impact sur le développement des parcours de formation en ingénierie à travers les partenariats académiques et les programmes conjoints, le rôle des référentiels métier dans l’adéquation de la formation aux besoins des métiers de l’ingénierie et aux mutations industrielles, ainsi que la construction d’une matrice de compétences permettant d’identifier les compétences fondamentales techniques, personnelles et interpersonnelles de l’ingénieur de demain. Ont également été abordées la modernisation des curricula à travers l’apprentissage actif, la pédagogie par projets et la formation en alternance.
Le rôle de l’intelligence artificielle dans la formation des ingénieurs a fait l’objet d’un large débat. Les participants ont insisté sur le fait que cette technologie n’est plus une option mais une nécessité, tant pour le développement des contenus pédagogiques que pour le soutien à l’apprentissage personnalisé, tout en soulignant l’importance de son intégration de manière réfléchie et éthique, afin de préserver la dimension humaine et cognitive de l’université.
En conclusion des travaux, les participants ont réaffirmé la nécessité d’adopter une vision globale et intégrée de la formation de l’ingénieur, fondée sur la qualité, l’innovation et l’ouverture internationale, et consacrant l’approche par compétences, afin de garantir la formation d’ingénieurs capables de s’intégrer rapidement










