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Visite diplomatique de haut niveau de la République démocratique du Congo en Tunisie : un nouvel élan pour la Francophonie

Un événement diplomatique reflétant la vitalité de l’espace francophone en Tunisie

Dans une atmosphère diplomatique reflétant la place privilégiée de la Tunisie au sein de l’espace francophone, la résidence de la République démocratique du Congo au Berges du Lac a accueilli une réception de haut niveau organisée par le Groupe des ambassadeurs francophones en Tunisie, à l’occasion de la visite de travail du ministre délégué chargé de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Crispin Mbadu Phanzu, accompagné de la candidate au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Juliana Amato Lumumba.

Cette rencontre a constitué une occasion diplomatique majeure pour renouveler le soutien politique et diplomatique à la candidature congolaise, tout en réaffirmant l’importance de la coordination entre les pays francophones dans une période marquée par des transformations internationales rapides. L’espace francophone n’est plus seulement un cadre culturel, mais devient désormais un espace d’interaction politique et de co-construction d’initiatives communes.

La Tunisie au cœur de la mémoire francophone et de son histoire:
Dans son intervention, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo en Tunisie et président du Groupe des ambassadeurs francophones, Désiré-Salomon Mwendanga Musengo, a rappelé la profondeur historique des relations entre la Tunisie et l’espace francophone, évoquant la rencontre historique de 1960 à Monastir entre le président tunisien défunt Habib Bourguiba et le leader congolais Patrice Lumumba, un moment symbolique de l’histoire des relations africaines modernes.

Il a souligné que cet événement ne constituait pas une simple rencontre protocolaire, mais une étape fondatrice porteuse de significations politiques et humaines profondes, illustrant une vision commune d’une Afrique indépendante et solidaire.
Il a également ajouté que la conception développée par le président tunisien Habib Bourguiba et le président sénégalais Léopold Sédar Senghor figurait parmi les premières à avoir posé les bases de la Francophonie moderne, Bourguiba la considérant comme un pont d’ouverture, de modernisation et de développement, tandis que Senghor la concevait comme un espace civilisationnel universel fondé sur le dialogue des cultures sans effacement des identités.
La Francophonie, un espace civilisationnel au-delà de la langue vers un destin commun:
L’ambassadeur a affirmé que la Francophonie ne se limite plus à la langue française ni à un héritage culturel commun, mais qu’elle s’est transformée en un vaste espace civilisationnel fondé sur les valeurs de solidarité, de dialogue, de paix et de respect de la diversité.
Il a également souligné que le Groupe des ambassadeurs francophones en Tunisie, qui regroupe des dizaines de pays, constitue une plateforme dynamique de coopération, non seulement sur le plan diplomatique, mais également dans les domaines culturel, économique et intellectuel.
Les activités culturelles, notamment les manifestations cinématographiques francophones ayant présenté des œuvres de plusieurs pays, illustrent la richesse de la diversité au sein de l’unité et confirment que la Francophonie est devenue un cadre vivant d’échanges et de compréhension mutuelle entre les peuples.

Une nouvelle vision politique de la Francophonie : entre défis et ambition:
Le ministre Crispin Mbadu Phanzu a présenté une vision politique globale de l’avenir de la Francophonie, estimant qu’elle se trouve aujourd’hui à un tournant décisif nécessitant une redéfinition de son rôle dans le monde.
Il a affirmé que la Francophonie n’est plus un simple espace symbolique ou culturel, mais un projet stratégique devant s’adapter aux transformations rapides du monde, notamment face aux défis économiques, sociaux et politiques contemporains.

Dans ce cadre, il a annoncé le soutien de son pays à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, estimant qu’elle possède l’expérience politique et diplomatique nécessaire pour conduire une nouvelle étape fondée sur l’efficacité, l’innovation et le renforcement de la solidarité entre les États membres.

Juliana Lumumba : de la Francophonie symbolique à une Francophonie d’action:
La candidate a présenté une vision stratégique ambitieuse visant à transformer la Francophonie d’un espace de discours en un espace d’action concrète, affirmant que la phase actuelle exige des projets tangibles capables de renforcer la coopération entre les États membres et de faire de l’espace francophone une puissance d’influence mondiale.

Elle a exposé ce qu’elle a appelé les “neuf grands projets”, incluant le renforcement du dialogue culturel, l’intégration économique, la promotion du multilinguisme africain, l’adoption d’un pacte climatique commun, la facilitation de la mobilité des compétences, la mise en place d’un système de santé intégré, la construction de la paix, la transformation numérique et l’unification des symboles culturels communs.
Cette vision repose sur une idée centrale : la Francophonie doit devenir une force historique active, capable d’influencer l’avenir des peuples plutôt que de se limiter à accompagner les transformations du monde.

La Francophonie à l’épreuve de l’histoire : de la vision à l’action:
Les intervenants ont unanimement souligné que la Francophonie traverse une phase critique nécessitant le passage des conceptions théoriques à la mise en œuvre concrète, du discours à l’action.

Dans ce contexte, la Tunisie s’est imposée comme un espace symbolique où se croisent mémoire historique et vision d’avenir, reliant l’héritage de figures fondatrices telles que Bourguiba et Senghor aux aspirations d’une nouvelle génération cherchant à redéfinir le rôle de la Francophonie dans le monde.






